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Donation : une exonération de 100 000 € pour aider ses proches jusqu'au 30 juin 2021

Jusqu'au 30 juin 2021, les dons de sommes d'argent à un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant sont exonérés d'impôts jusqu'à 100 000 € par donateur si les sommes reçues sont affectées à la construction de la résidence principale, à des travaux énergétiques ou bien encore à la création ou au développement d'une petite entreprise.

Cette disposition temporaire est prévue par l'article 19 de la 3ème loi de finances rectificative pour 2020 publiée au Journal officiel le 31 juillet 2020.

 

Conditions liées au donateur et à la somme d'argent :

 

La somme d'argent doit être versée en numéraire (chèque, virement, remise d'espèces) entre le 15 juillet 2020 et le 30 juin 2021.

Le plafond d'exonération par donateur est fixé à 100 000 €. Cependant, un même bénéficiaire peut recevoir plusieurs dons de 100 000 € (par exemple, un don de ses parents et un autre de ses grands-parents).

Exemple : vous souhaitez aider vos 2 enfants de façon égale. Vous pouvez leur donner 50 000 € chacun sans payer de droits de donation à condition que leurs projets d'investissement répondent aux conditions fixées.

 

Conditions liées au bénéficiaire

 

Celui qui reçoit le don doit être :

  • l'enfant, le petit-enfant ou l'arrière-petit-enfant du donateur ;
  • ou, si le donateur n'a pas de descendants, son neveu ou sa nièce.

 

Conditions liées à l'utilisation du don

 

Pour bénéficier de l'exonération, le don doit financer :

  • la construction de la résidence principale du bénéficiaire ;
  • la réalisation de travaux énergétiques éligibles à la prime de transition énergétique dans la résidence principale du bénéficiaire ;
  • l'investissement au capital d'une petite entreprise (moins de 50 salariés, en activité depuis moins de 5 ans, n'ayant pas encore distribué de bénéfices et avec un bilan inférieur à 10 M€) dont la direction est assurée par celui qui reçoit le don pendant une durée de 3 ans. Il peut s'agir d'une création d'entreprise ;

 

La somme reçue par le donataire doit être utilisée dans les 3 mois après son versement.

 

À savoir : Ce don d'argent est cumulable avec les autres abattements en vigueur (renouvelables tous les 15 ans) :

  • 100 000 € sur les donations entre parents et enfants ( 31 865 € entre grands-parents et petits-enfants)
  • 31 865 € sur les dons de sommes d'argent aux enfants ou petits-enfants majeurs à condition que le donateur ait moins de 80 ans.

 

Source : Service Public.fr - Publié le 11 août 2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

 
Créé le 14/09/2020

Pension de réversion : la démarche de demande est simplifiée !

La démarche de demande de votre pension de réversion se simplifie.

 

Depuis le jeudi 23 juillet, vous pouvez désormais demander vos pensions de réversion tous régimes confondus depuis le site web info-retraite.fr

 

Une seule demande pour profiter de vos pensions de réversion

 

Pourquoi cette demande unique simplifie-telle les démarches ?

 

Les démarches de demande de la réversion jusqu'aujourd'hui :

 

Pour bénéficier de vos pensions de réversion, il fallait jusqu'ici contacter toutes les caisses de retraite où  avait cotisé l'assuré décédé.

 

Le(a) conjoint(e) survivant(e) devait donc retrouver chacun des régimes d'affiliation de son conjoint. Récupérer le montant total de la pension de réversion pouvait s'avérer difficile car la personne chargée des démarches devait avoir une bonne connaissance de l'ensemble de la carrière de son conjoint.

En effet, si le conjoint décédé avait travaillé toute sa carrière dans le secteur privé, cela pouvait s'avérer relativement simple. Le conjoint survivant devait contacter la CNAV pour la pension de réversion au régime de base et l'AGIRC-ARRCO pour la retraite complémentaire. Cependant, comme de plus en plus d'actifs,   l'assuré peut avoir été polypensionné : c'est-àdire avoir cotisé sous différents statuts (salarié, fonctionnaire, indépendant, exploitant agricole).

 

Un exemple pour mieux comprendre pourquoi la simplification des démarches est essentielle : 

Prenons  l'exemple de Thierry : il est juriste. S'il a passé presque toute sa carrière dans de grandes entreprises du secteur privé, il a débuté sa carrière avec deux années en tant que profession libérale. Pour ces deux premières années de carrière, il cotise donc auprès d'un régime spécifique : la CNBF, caisse non affiliée au régime général.

Jusqu'à présent, afin de percevoir toutes les pensions de réversion de Thierry, sa femme Michelle devait ne pas oublier de demander également la pension de réversion au régime CNBF. Sans connaissance préalable et sans les bulletins de salaire, qui peuvent être perdus ou détruits, il était alors impossible pour Michelle de connaître et de demander le bénéfice de cette pension de réversion.

 

Ce manque d'information pouvait entraîner une perte de revenu pour l'assuré bénéficiant de cette pension de droit indirect (bénéficiaire de la réversion). Pour rappel, d'après la Cour des Comptes, "près de 60 % des pensions mal calculées le sont en raison de données inexistantes ou absentes des relevés de carrière". Le cas des polypensionnés met en évidence le problème auquel sont régulièrement confrontés les bénéficiaires  de la pension de réversion. Les démarches leur apparaissent alors comme étant très complexes. Et pour cause, les règles d'éligibilité et le calcul des montants des réversions sont différentes selon le régime  d'affiliation considéré.

 

Récupérer toutes les données de la carrière de son conjoint pourrait s'avérer encore plus compliqué pour les personnes divorcées.

 

Réversion : une démarche simplifiée disponible depuis le jeudi 23 juillet

 

Depuis ce jeudi 23 juillet, les bénéficiaires de la pension de réversion peuvent réaliser une seule et unique demande.

Pour réaliser cette demande de pension de réversion, vous pouvez vous connecter sur votre espace personnel sur le site info-retraite.fr  La pension de réversion est l'un des 5 services à avoir bénéficié cette année d'une simplification des démarches d'obtention. Avec la réversion, vous pouvez réaliser vos démarches sur le site du régime général (lassuranceretraite.fr) pour demander : votre allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI), un départ anticipé au titre de la carrière longue ou du handicap, une retraite progressive ainsi qu'un rachat de trimestres.

Les documents classiquement demandés par les caisses pour ce type de démarche doivent être adressés, à savoir :

 

  • une copie d'une pièce d'identité du conjoint survivant,
  • l'acte de naissance et de décès du conjoint,
  • ainsi qu'une copie du livret de famille.

 

Vous pourriez avoir à ajouter votre avis d'imposition. Ce document pourrait vous être demandé pour vérifier que vous remplissez la condition de ressources auprès des régimes concernés. Par exemple, pour profiter de la réversion au régime de base CNAV, il est nécessaire que les ressources du conjoint demandeur ne dépassent pas le plafond fixé à 21 000 € par an.

 

En résumé :

 

En bref, la simplification de cette démarche vous permet d'éviter de :

  • devoir contacter chacune des caisses de retraite pour réaliser une demande
  • connaître les spécificités des règles de calcul et d'obtention de chaque régime d'affiliation du conjoint décédé
  • d'oublier le bénéfice d'au moins une pension de réversion

 

Source : Simul-retraite.fr – 28juillet 2020

 
Créé le 14/09/2020

Une consultation médicale gratuite pour les personnes fragiles à faire avant mi-septembre

Les consultations médicales ont été négligées pendant le confinement. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a instauré une consultation de suivi, prise en charge à 100 %, et dédiée à certains patients dits vulnérables lorsqu’ils n’ont pas été vus par un médecin depuis mi- mars. Cette visite médicale doit être faite le 15 septembre 2020.

 

Pour protéger les plus fragiles, une consultation médicale particulière a été mise en place pour les personnes dites «vulnérables» face à la Covid-19. Facturable à hauteur de 46 euros (55,20 euros dans les départements et régions d’Outre-mer) au maximum, cette visite médicale est intégralement remboursée par l’Assurance maladie. Alors que la date limite pour une prise en charge à 100 % avait initialement été fixée au 30 juin, elle a été repoussée au 15 septembre 2020.

 

Cette consultation qui ne peut être réalisée qu’en présentiel, au cabinet ou à domicile, permet notamment de faire le point sur l’impact du confinement sur son état de santé, mais aussi de recevoir des conseils personnalisés sur les mesures de protection à adopter vis-à-vis de la Covid-19.

Seules les personnes vulnérables sont visées

 

Les personnes à risque de développer une forme grave de Covid-19 sont les seniors âgés de 65 ans et plus, les femmes enceintes dans leur troisième trimestre de grossesse, les malades atteints par des affections comme les antécédents cardiovasculaires, le diabète, une pathologie chronique respiratoire, une insuffisance rénale chronique dialysée, un cancer évolutif sous traitement, une obésité, une immunodépression. Sont également concernées, les patients atteints d’une affection de longue durée et ceux adressés par un établissement de santé en sortie d’hospitalisation.

 

Source : Stéphanie ALEXANDRE -  Web Figaro - LE PARTICULIER du 21/08/2020

 
Créé le 14/09/2020

Jean Castex veut régler à court terme le dossier des retraites  

« La crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable », explique le premier ministre dans un entretien au « JDD ».

Le nouveau premier ministre, Jean Castex, souhaite conclure le « Ségur de la santé » « la semaine prochaine » et régler « à court terme » le dossier des retraites, affirme-t-il dans un entretien publié le 5 juillet dans le Journal du dimanche (JDD), où il prévient ne pas croire « au consensus mou ».

« Des décisions essentielles sont sur la table. L’emploi, évidemment, qui dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé dans le cadre du “Ségur” que je conclurai la semaine prochaine », a-t-il déclaré.

Faute d’accord avec les organisations syndicales, le gouvernement de son prédécesseur Edouard Philippe avait décidé jeudi de prolonger de quelques jours le « Ségur de la santé », alors qu’une enveloppe de 7 milliards d’euros se trouve sur la table pour les salaires des soignants.

« Nouvel agenda social »

« Le plan de relance doit être finalisé. A quoi s’ajoutent les réformes qui étaient dans les tuyaux sur les retraites et sur l’assurance-chômage. Et celle de la dépendancequi devra venir ensuite et qui correspond à une nécessité. Tous ces sujets sont directement impactés par la crise, ce qui nécessite de les reprendre dans un cadre concerté et avec une cohérence d’ensemble » , a-t-il ajouté.

Interrogé sur les inquiétudes des syndicats concernant la réforme des retraites, il a affirmé que « dire qu’on va réexaminer un sujet, ce n’est pas se renier. C’est montrer notre capacité d’adaptation aux nouvelles circonstances, qui sont douloureuses ».

« Par exemple, la crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme ? C’est mon souhait », a-t-il dit.

« Nous devrons nous fixer un nouvel agenda social », at-il poursuivi, affirmant espérer un « compromis, qui n’est pas une compromission », pour sauver les régimes de protection sociale. « Je ne crois pas au consensus mou »

Il a défini sa méthode comme « un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler ». « Mais, attention, je ne crois pas au consensus mou. Le temps est à l’action » a-t-il averti.

Il a dit mettre « les bouchées doubles » avec Emmanuel Macron pour annoncer au plus vite la composition de son gouvernement. Répondant aux rumeurs sur une équipe resserrée autour de grands pôles principaux, il a affirmé ne « pas être sûr que des périmètres trop étendus soient forcément la garantie d’une plus grande efficacité » . Après la forte percée verte aux municipales, il a répété que l’écologie n’était « pas une option ».

«C’est une obligation », a-t-il ajouté. Il entend « accélérer » les décisions en listant « avec les acteurs locaux tout ce que l’on peut faire immédiatement », comme la lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau, contre l’artificialisation des terres, pour l’isolement thermique, les toitures photovoltaïques, ou le bien-être animal.

Ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée du temps de Nicolas Sarkozy, M. Castex, qui vient de rendre sa carte des Républicains, s’est dit « peu attaché aux affaires des partis » mais a estimé «naturel » de s’inscrire « sans ambiguïté » dans la majorité présidentielle ; car « celui qui accepte de devenir premier ministre est, par vocation, le chef de la majorité : c’est son devoir de l’animer et de l’associer ».

Alors que ses détracteurs le voient comme un simple exécutant de la volonté présidentielle, il a souligné qu’il n’entrait « pas dans les intentions du chef de l’Etat de faire de [lui] un subordonné voué aux tâches secondaires ». Et de poursuivre : « Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de “collaborateur”. »

 

Source : Le Monde avec AFP

 
Créé le 14/09/2020

Coronavirus : la marche à suivre pour se faire tester  

Jérôme Salomon a dévoilé la démarche à effectuer pour se faire tester avec un nouvel outil pour trouver les centres près de chez soi. Il en existe 3000 en France.

 

Pour un déconfinement réussi, les tests de dépistage sont indispensables. Jérôme Salomon l'a rappelé mardi lors du point presse quotidien sur la progression de la pandémie dans le monde et en France, en soulignant par ailleurs que les tests virologiques sont désormais prescrits à toutes les personnes craignant d'avoir été infectées par le coronavirus, rapporte notamment le HuffPost.

 

"En cas de doute, il faut consulter son médecin traitant ou un généraliste pour se faire prescrire un test. Une fois le test prescrit, prenez immédiatement rendez-vous et isolez-vous", a-t-il alors conseillé. Si besoin de test, le Directeur général de la Santé a dévoilé la plateforme santé.fr qui permet de trouver le centre de dépistage le plus près de son domicile.

 

Prendre rendez-vous

 

Il suffit d'entrer son code postal et les centres de prélèvement les plus proches apparaissent sur une carte. Par exemple pour Bordeaux, on en compte 18 dans et à côté de la ville. En tout, il y en a "3000 en France, disponibles sur l'ensemble du territoire", précise Jérôme Salomon.

 

L'internaute peut ensuite choisir le centre de son choix en cliquant dessus. Il sera redirigé vers une page avec toutes les informations afin de prendre son rendez-vous (horaires, téléphone, adresse). Si la personne se fait dépister sur ordre du médecin, elle doit apporter son ordonnance, mais si elle a été appelée par l'Assurance Maladie dans le cadre de la recherche des personnes contacts, le centre aura accès automatiquement à la prescription.

 

Résultats en 24 heures

 

Après s'être fait tester, les résultats sont disponibles sous 24 heures, ajoute-t-il. "Si l'on est positif, on est contacté un jour après le test par l'Assurance maladie pour identifier les personnes contacts. Elles devront se faire dépister immédiatement et sans prescription médicale si elles vivent avec le malade, et à J+7 pour celles qui ont eu un contact avec lui".

 

Ces tests permettent de savoir si on est actuellement atteint par le virus, contrairement aux tests sérologiques qui peuvent, eux, détecter la présence d'anticorps afin de savoir si on a déjà été en contacta avec le virus. Ceux-là seront proposés à "tous les soignants" dès la semaine prochaine, a aussi affirmé le DGS. 

 

Source : l’Express.fr

 
Créé le 22/05/2020

Le gouvernement souhaite créer une "cinquième branche" de la Sécu consacrée à la perte d'autonomie  

Cette cinquième branche viendrait en complément des quatre existantes (maladie, accidents du travail, retraite, famille) pour couvrir les risques de la vie liés à la perte d'autonomie et au handicap.

 

Le gouvernement va proposer la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour faire face aux dépenses liées à la perte d'autonomie, indiquent des projets de loi relatif à la dette sociale envoyés mardi 19 mai au soir aux partenaires sociaux, consultés par plusieurs médias dont Les Echos et l'AFP.

 

Dans ces deux projets, le gouvernement dit vouloir "mener les travaux conduisant à la création d'un risque spécifique relatif à la perte d'autonomie", en définissant dans un rapport "les modalités de création de cette nouvelle branche dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021". Ce rapport sera remis au Parlement "au plus tard le 30 septembre 2020", est-il précisé.

 

Si elle était instaurée par la loi, cette cinquième branche viendrait en complément des quatre branches existantes (maladie, accidents du travail, retraite, famille) de la Sécurité sociale pour couvrir les risques de la vie liés à la perte d'autonomie et au handicap.

 

L'utilisation de la CSG réorientée

 

En outre, pour anticiper une hausse des dépenses liées à l'avancée en âge, ces projets de lois prévoient d'augmenter le financement de la dépendance en réorientant, à partir de 2024, 2,3 milliards d'euros de CSG depuis la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) vers la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui gère les fonds dédiés à la dépendance et au handicap.

 

"La crise sanitaire a mis particulièrement en lumière les limites de notre système de prise en charge des personnes âgées. C'est pourquoi le gouvernement s'engage à réaffecter une recette spécifique supplémentaire au financement de la prise en charge de la dépendance à hauteur de 0,15 point de CSG, soit 2,3 milliards d'euros", précise l'exposé des motif du projet de loi.

 

Une somme qui risque toutefois d'être insuffisante. Une concertation avec les partenaires sociaux devrait être organisée pour trouver des "conditions de financement à plus court terme".

 

Source : France Info – 20 mai 2020

 
Créé le 22/05/2020

Confinement dans les Ehpad : les réserves du Comité d'éthique

Le 25 mars 2020, le ministre des solidarités et de la santé avait sollicité le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) concernant l'application des mesures de confinement dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD). Dans un avis rendu le 1er avril 2020, le comité exprime un certain nombre de réserves.


Dans sa saisine, le ministère des solidarités et de la santé interroge le CCNE sur le renforcement des mesures de protection dans le contexte particulier des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des USLD et sur la capacité de ces derniers à mettre en œuvre ce dispositif.


Déjà questionné sur les enjeux éthiques liés à la prise en charge de patients dans l'hypothèse d'une pandémie grippale, le Comité avait soulevé les problématiques spécifiques en situation d’isolement dans ce type d’établissements en raison du profil particulièrement vulnérable, tant psychiquement que physiquement, des personnes accueillies et de l’importance que revêt pour elles le lien social.

 
Le respect de la dignité humaine


En préambule de sa réponse à la saisine du ministère sur le renforcement des mesures de protection dans les Ehpad et les USLD, le Comité rappelle la nécessité de suivre les principes fondamentaux de respect de la dignité humaine et du droit au lien social dans le contexte de l’accompagnement et du soin aux personnes.


Par ailleurs, précise le CCNE : "toute mesure contraignante restreignant les libertés reconnues par notre État de droit, notamment la liberté d’aller et de venir, doit être nécessairement limitée dans le temps, proportionnée et adéquate aux situations individuelles".


Il met en avant également le manque de moyens, tant humain que matériel (masques de protection, tests de détection), dont souffrent nombre de ces établissements et la difficulté à appliquer, faute d’équipements sanitaires suffisants, les règles de base permettant au personnel soignant et aux résidents de se protéger contre les risques d’épidémie.


 Les préconisations du CCNE


Dans ce contexte, le CCNE appelle à d'observer la situation spécifique de chaque établissement afin d'adapter, au cas par cas, les moyens nécessaires et appliquer des mesures proportionnées et adéquates aux situations individuelles. Plus généralement, il préconise :

  • d'identifier tous les moyens humains et matériels mobilisables ;
  • de renforcer les effectifs soignants afin d'être en mesure de procéder à des remplacements en cas de contamination du personnel et assurer le maintien des soins de base ;
  • de mettre en place des compétences nouvelles pour aider les résidents à rester en contact avec leur famille grâce aux moyens de communication actuels (au besoin, en faisant appel à des volontaires) ;
  • de s'assurer de la présence, au sein de l'établissement, d'un lieu de circulation pour rendre moins coercitives les mesures appliquées ;
  • d'autoriser les visites pour les personnes non contaminées sous réserve qu'un dépistage du Covid-19 puisse se faire ;
  • d'aménager un accueil sécurisé pour les familles et les proches aidant, en particulier pour les résidents en fin de vie.

 

Et des prises de décision collégiales


Concernant la situation spécifique des personnes ayant des troubles cognitifs, le Comité attire l'attention sur la difficulté à leur faire accepter des mesures de confinement et les risques de dégradation psychique qui pourraient en découler. Il réaffirme la nécessité d'étudier les modalités d'application des directives sanitaires au cas par cas et collégialement.


Le CCNE précise enfin qu’il est impératif d'impliquer dans les décisions, pour chacune des structures d'accueil, les instances habituellement consultées (médecins coordonnateurs, directeurs d'établissement, instances de tutelle).

 

Source :  « La Vie Publique » - Publié le 8 avril 2020

 
Créé le 01/05/2020

Qui sont les 20 000 Français morts du Covid-19 ?  


L'épidémie de coronavirus touche davantage les hommes que les femmes. Elle se place déjà parmi les catastrophes sanitaires les plus meurtrières depuis 50 ans.
En franchissant le seuil des 20 000 morts -20 265 lundi soir soit 12 513 à l'hôpital et 7 752 dans les Ehpad -, l'épidémie du Covid-19 est l'une des catastrophes sanitaires les plus coûteuses en vies humaines qu'ait connue la France durant ces cinquante dernières années. D'autant que ce bilan n'est que provisoire, 5 683 patients étant encore hospitalisés en réanimation à ce jour, où la mortalité due au Covid-19, selon les différentes études, est estimée, en moyenne, à 50 %. Pour ceux qui évoquaient « une grippette » au début de l'épidémie, rappelons que, selon l'Institut Pasteur, la grippe tue chaque année entre 10 000 et 15 000 personnes en France. Dans un passé récent, le Sras en 2003 et la grippe H1-N1 en 2009 n'ayant causé qu'un nombre limité de victimes (323 pour la grippe H1-N1 et un pour le Sras), il faut remonter à la canicule de 2003 pour trouver le dernier bilan sanitaire le plus élevé, estimé à 15 000 morts par les épidémiologistes Antoine Flahault et Denis Hémon.

Seule situation comparable à celle de l'épidémie qui sévit aujourd'hui, la grippe de Hongkong, il y a cinquante ans. À l'époque quasiment passée sous silence par la presse, les scientifiques et les autorités, elle a tué 31 226 Français en décembre 1969 et janvier 1970, selon l'étude rétrospective d'Antoine Flahault publiée
en 2003. La mortalité de la grippe asiatique en 1957 et 1958 est beaucoup plus difficile à établir en raison de la mauvaise qualité des données de l'époque, mais elle se situerait, au plus bas, autour de 15 000 décès, les chiffres supérieurs (jusqu'à 100 000 morts) n'ayant jamais été validés par des études fiables.

75 % des morts ont plus de 75 ans 

Le portrait type de la personne décédée du Covid-19 en France est ainsi dressé dans le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France : l'âge médian des décès se situe à 84 ans (75 % avaient 75 ans et plus), 56 % étant des hommes. Dans 67 % des cas, des comorbidités sont rapportées (43 % pour les pathologies cardiaques, 26 % pour l'hypertension artérielle). Enfin, « 2 % des personnes décédées ne présentaient pas de comorbidité et étaient âgées de moins de 65 ans ». Ce sont donc ? comme pour la grippe ou les canicules ? les personnes âgées qui payent le plus lourd tribut à cet épisode épidémique. Près de 40 % des décès en France ont eu lieu dans les Ehpad (7 649), chiffres qui n'étaient pas inclus dans les premiers bilans annoncés par le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Rappelons que, en 2019, 612 000 personnes sont mortes en France. Les principales causes de décès, selon l'Inserm, dans une analyse portant sur la mortalité entre 2000 et 2016, sont les tumeurs, 29 %, soit en 2016, 168 000 décès (sur 579 000) et les maladies cardiovasculaires (24,2 %), soit 140 000 décès. 

Concernant la mortalité liée au Covid-19, à ce jour, la France se situe au quatrième rang derrière les États-Unis (42 000 décès), l'Italie (24 000), l'Espagne (21 000). Elle est suivie par le Royaume-Uni avec 16 500 décès, où ceux survenus dans les maisons de retraite ne sont pas encore connus officiellement.



Source : François Malye – « Le Point »

 
Créé le 01/05/2020