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L'épidémie de coronavirus touche davantage les hommes que les femmes. Elle se place déjà parmi les catastrophes sanitaires les plus meurtrières depuis 50 ans.
En franchissant le seuil des 20 000 morts -20 265 lundi soir soit 12 513 à l'hôpital et 7 752 dans les Ehpad -, l'épidémie du Covid-19 est l'une des catastrophes sanitaires les plus coûteuses en vies humaines qu'ait connue la France durant ces cinquante dernières années. D'autant que ce bilan n'est que provisoire, 5 683 patients étant encore hospitalisés en réanimation à ce jour, où la mortalité due au Covid-19, selon les différentes études, est estimée, en moyenne, à 50 %. Pour ceux qui évoquaient « une grippette » au début de l'épidémie, rappelons que, selon l'Institut Pasteur, la grippe tue chaque année entre 10 000 et 15 000 personnes en France. Dans un passé récent, le Sras en 2003 et la grippe H1-N1 en 2009 n'ayant causé qu'un nombre limité de victimes (323 pour la grippe H1-N1 et un pour le Sras), il faut remonter à la canicule de 2003 pour trouver le dernier bilan sanitaire le plus élevé, estimé à 15 000 morts par les épidémiologistes Antoine Flahault et Denis Hémon.

Seule situation comparable à celle de l'épidémie qui sévit aujourd'hui, la grippe de Hongkong, il y a cinquante ans. À l'époque quasiment passée sous silence par la presse, les scientifiques et les autorités, elle a tué 31 226 Français en décembre 1969 et janvier 1970, selon l'étude rétrospective d'Antoine Flahault publiée
en 2003. La mortalité de la grippe asiatique en 1957 et 1958 est beaucoup plus difficile à établir en raison de la mauvaise qualité des données de l'époque, mais elle se situerait, au plus bas, autour de 15 000 décès, les chiffres supérieurs (jusqu'à 100 000 morts) n'ayant jamais été validés par des études fiables.

75 % des morts ont plus de 75 ans 

Le portrait type de la personne décédée du Covid-19 en France est ainsi dressé dans le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France : l'âge médian des décès se situe à 84 ans (75 % avaient 75 ans et plus), 56 % étant des hommes. Dans 67 % des cas, des comorbidités sont rapportées (43 % pour les pathologies cardiaques, 26 % pour l'hypertension artérielle). Enfin, « 2 % des personnes décédées ne présentaient pas de comorbidité et étaient âgées de moins de 65 ans ». Ce sont donc ? comme pour la grippe ou les canicules ? les personnes âgées qui payent le plus lourd tribut à cet épisode épidémique. Près de 40 % des décès en France ont eu lieu dans les Ehpad (7 649), chiffres qui n'étaient pas inclus dans les premiers bilans annoncés par le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Rappelons que, en 2019, 612 000 personnes sont mortes en France. Les principales causes de décès, selon l'Inserm, dans une analyse portant sur la mortalité entre 2000 et 2016, sont les tumeurs, 29 %, soit en 2016, 168 000 décès (sur 579 000) et les maladies cardiovasculaires (24,2 %), soit 140 000 décès. 

Concernant la mortalité liée au Covid-19, à ce jour, la France se situe au quatrième rang derrière les États-Unis (42 000 décès), l'Italie (24 000), l'Espagne (21 000). Elle est suivie par le Royaume-Uni avec 16 500 décès, où ceux survenus dans les maisons de retraite ne sont pas encore connus officiellement.



Source : François Malye – « Le Point »

 

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